
Chez les 17', on avait le sens des nécessités.
On n'avait pas encore d'enceintes pour sonoriser la voix du chanteur et les cuivres qu'on avait par contre déjà un camion pour déplacer le matos et les gens bourrés qui vont avec.
Un camion, un bus devrait-on dire !
Un Peugeot J9 aussi long, vous n'en avez jamais vu et n'en verrez plus jamais de tel. 15 m de longueur, de quoi rentrer la batterie d'antoine les amplis des gratteux, des banquettes pour les zicos, et, la tente à Jean-Charles. Oui, même la tente à Jean-Charles pouvait y loger, c'est dire comme il était spacieux.
En plus de l'espace, ce camion a été une véritable affaire, acheté si mes souvenirs sont bons 4000F, dont la moitié de pris en charge par le père du batteur, patron d'une carrosserie, qui voulait justement un camion pour lui servir de vehicule de courtoisie. Je connais des clients qui ont du halluciner de se voir confier un tel engin, qu'on ne gare pas si aisément sur le parking des grandes surfaces.
Et puis, mécaniquement, rien à redire, direction souple (au delà de 70km/h), jamais toussotté, jamais de panne d'essence, pratiquement jamais démarré non plus. En particulier lorsqu'on partait en concert, ces jours là le camion était soit en réparation, soit prété à un des client du second proprio.
Ces jours là on louait un Renault Traffic.
Il nous a accompagné malgrè tout un soir de fête de la zique. A Nantes, on jouait devant le café Le Mayenne avec les Babele. Ce soir là, la mémé du troisième, exaspéré par le bruit, avait balancé une bassine d'eau sur les gens en terrasse au dessous.
C'était son premier soir de sortie, au J9 des 17' et au moment de remballer, on s'est rendu compte que rien d'électrique ne fonctionnait sur ce camion. Il aura fallu un plus courageux que les autres pour rentrer sans lumières en pleine nuit.
Le J9, c'était Ghismo qui le drivait. Les autres avaient pas leur permis, et ceux qui l'avaient ne voulaient pas prendre en main une telle mécanique. Ce qui n'a pas manqué d'agacer le bassiste qui un soir s'est emporté "Wow, y'en a mare les gars, c'est toujours les mêmes qui picolent, et toujours les mêmes qui conduisent le J9 pendant que les zot' bah ils ronflent à côté. Faites chier les gars"... C'était aux Sables d'Olonne, en fin d'été.